Une fiabilité hors norme
Des serveurs IBM i tournent des mois, voire des années, sans redémarrage imprévu. Quand la prise de commandes, la paie ou la gestion des stocks ne peuvent pas s'arrêter, cette disponibilité vaut de l'or.
Vous ne le voyez jamais, mais il est là quand vous passez en caisse, recevez un colis ou êtes remboursé par votre mutuelle. Héritier de l'AS/400, IBM i fait tourner les applications critiques de milliers d'entreprises, et elles cherchent des développeurs pour les faire évoluer.
IBM i est le système d'exploitation des serveurs IBM Power. C'est la version actuelle de l'AS/400 lancé en 1988 : même philosophie, mais un matériel et des outils d'aujourd'hui.
Sa particularité : tout est intégré. Système, base de données DB2 for i, sécurité, gestion des travaux, impressions et sauvegardes forment un seul produit, conçu d'un bloc. On y développe historiquement en RPG, COBOL et CL, et de plus en plus en SQL, Java, Python ou Node.js.
À ne pas confondre avec le mainframe (IBM Z, z/OS) : IBM i est une autre plateforme, conçue à l'origine pour les entreprises de taille moyenne et les sites de production.
Ce n'est pas de l'inertie : c'est un choix rationnel, pour six raisons.
Des serveurs IBM i tournent des mois, voire des années, sans redémarrage imprévu. Quand la prise de commandes, la paie ou la gestion des stocks ne peuvent pas s'arrêter, cette disponibilité vaut de l'or.
Les applications ne parlent pas directement au matériel mais à une couche d'abstraction (TIMI). Résultat : un programme écrit il y a trente ans fonctionne encore sur un serveur Power neuf, sans être réécrit.
DB2 for i fait partie du système : pas de serveur de base à installer, à patcher ni à licencier à part. Le système gère lui-même le stockage, les index et une bonne partie du réglage des performances.
Tout est objet, typé et protégé par des autorisations fines. Cette architecture, très différente de Windows ou de Linux, est très peu ciblée par les logiciels malveillants grand public.
Base de données, sécurité, sauvegarde, planification des travaux : tout est livré et intégré. Une petite équipe suffit souvent à exploiter un système qui sert des milliers d'utilisateurs.
Les règles de gestion de l'entreprise (tarifs, remises, paie, logistique) sont codées dans ces applications. Les réécrire ailleurs est long, coûteux et risqué : les moderniser sur place est souvent le choix le plus sûr.
Partout où il faut traiter beaucoup de transactions, sans erreur et sans interruption.
L'image du vieux terminal 5250 colle à la peau d'IBM i, mais on y travaille aujourd'hui comme sur n'importe quelle plateforme moderne.
Le RPG d'aujourd'hui s'écrit en format libre, avec procédures, modules et structures de données modernes.
SQL embarqué, procédures stockées, JSON, services système interrogeables en SQL.
L'extension Code for IBM i remplace l'écran vert pour éditer, compiler et déboguer.
Sources versionnées, revues de code, déploiements automatisés.
Python, Node.js, PHP ou Java tournent nativement à côté du RPG.
Les programmes existants sont exposés en services web et branchés au reste du SI.
Beaucoup de développeurs RPG et COBOL formés dans les années 1980-1990 partent à la retraite, alors que les applications qu'ils ont construites restent au cœur des entreprises.
Résultat : les profils IBM i sont rares et recherchés, du développeur junior formé en reconversion à l'expert capable de moderniser un patrimoine applicatif.
Oui, sous un autre nom. L'AS/400 est devenu iSeries, puis System i, puis IBM i. Le système tourne aujourd'hui sur les serveurs IBM Power, et les applications écrites pour l'AS/400 y fonctionnent toujours.
Non. Le mainframe d'IBM est la gamme IBM Z (système z/OS). IBM i est une plateforme distincte, installée sur les serveurs IBM Power, souvent chez des entreprises de taille moyenne comme chez de grands groupes.
Le RPG, surtout dans sa forme moderne « full free », est le langage le plus demandé, avec le SQL (DB2 for i) et le CL pour l'automatisation. Le COBOL reste présent dans certains secteurs, et Java, Python ou PHP servent aux couches web.
IBM continue de publier de nouvelles versions (7.5 en 2022, 7.6 en 2025) et une feuille de route pluriannuelle pour IBM i et les serveurs Power. Les entreprises qui l'utilisent y font tourner des applications critiques qu'elles modernisent plutôt que de les remplacer.
Oui. Les profils sont rares, si bien que de nombreuses entreprises et ESN recrutent des développeurs venus d'autres langages et les forment au RPG et à DB2 for i.